Ce matin tout semblait normal. Tel qu’à l’habitude je vais chercher Fiston chez PDMG afin de l’emmener au centre de répit pour la journée. En arrivant chez PDMG, youppi Fiston est de mauvais poil. Monsieur ne veut pas aller au centre, il veut rester chez papa ou chez maman. Mais c’est journée prévue au centre et je ne veux céder. PDMG me donne un coup de main, et après moult tergiversations on y arrive, dans la bagnole prêts à partir. Les quelques 15 kilomètres nous séparant du centre ont été éprouvants: cris, coups de pieds, coups de poing dans la bagnole, ouvre la porte pendant qu’on roule sur l’autoroute…Bref la totale et je suis déjà épuisée en arrivant au centre. Une fois débarqué de la bagnole, tout va bien il entre et suit la routine en souriant. Bonjour tentative de manipulation! M’enfin, on ne saura jamais puisqu’il n’exprime pas ses émotions verbalement. Alors le pourquoi du comment…
Puis joyeux séjour pour Bertha au garage: achat et pose de pneus d’été, changement d’huile et quelques autres cossins. QUelques $$ et 1h30 plus tard je me fais dire qu’ils ne peuvent aligner le véhicule vu que les amortisseurs, les barres stabilisatrices, etc…Bref ça prendrait un 1 000$ pour que ça fonctionne. Stie! Elle sort du garage! J’ai pourtant essayé comme Drew d’éviter les nids de poules autruches de la métropole! M’enfin, elle va rester de même j’ai plus un rond à mettre là-dessus…
JE reviens à la maison pour jouer à Maman Taxi et aller reconduire Mad et sa copine au centre commercial, journée magasinage. Ce faisant, je me fais couper par un moron qui ne sait pas où il s’en va, verdict: j’ai de bons pneus, de bons freins, un klaxon parfaitement en ordre et un caractère bouillant. J’avais oublié que ma fenêtre était ouverte, la dame à côté est restée bouche bée d’entendre d’aussi gros mots sortir d’une bouche qui semblait si gentille…
À l’épicerie, outre la rencontre fort agréable avec mon prof d’aquarelle que je n’avais pas vu depuis quelques mois, ça s’est bien passé. Youppi! Quoiqu’il n’y avait plus de jambon forêt noire en paquet familial. Mais y’a pire dans la vie!
Retour à la maison, après avoir rangé l’épicerie, mis une brassée de lavage et passé le balai, je décide d’installer le crochet à peignoirs dans la salle de bain. Je n’ai pas les mains plein de pouces, je suis débrouillarde, apprenti-ébéniste, je sais utiliser les différents outils…Mais donner moi un kit de vis à marde pour installer un crochet sur un mur de gyproc et je vous jure que vous croirez être devant une unijambiste aux bras coupés sacrant comme un bûcheron par dessus le marché. Une chance que la Louve est équipé de coffre à outils et de cossins de quincaillerie! C’est fait et ça tient…C’est bin mieux de tenir longtemps!
Pour achever cette journée de merde sur une note discordante, quoi de mieux que d’avoir à sortir 15 minutes pour me diriger vers les pharmescrocs JeanCouteux pour acheter du carburant à fondue. Bin sûr, fallait que je décide d’en faire pour me rendre compte au moment de servir que j’ai plus de gel à brûleur! Voilà donc que pendant ce 15 minutes, ma fille et son amie n’ont jamais entendu Fiston sortir de l’appart…
C’est là que le titre du billet prend enfin son sens…Les 20 minutes qui ont suivi ont été les plus longues de ma vie…Mon fils, 12 ans, autiste non verbal, se promène dans le quartier sans accompagnement…Mon fils, qui ne répond pas à son nom, ne connait pas son adresse, ne sait pas répondre à ce genre de questions…Mon fils qui est totalement à la merci des dangers puisqu’il ne réalise pas…Les véhicules, la rue, les inconnus…
Mad est restée à l’appart pendant que sa copine, PDMG, ma belle-soeur, ma voisine et son mari m’ont accompagnée dans le quadrillage du secteur…20 minutes durant lesquelles tout m’est passé par la tête…20 minutes durant lesquelles j’avais les larmes qui coulaient sans s’arrêter, sans que je puisse rien contrôler…20 minutes à hurler le nom de mon fils en quadrillant les stationnements et demandant aux passants s’ils l’avaient vu…20 minutes à ne pas savoir s’il était entré chez quelqu’un ou encore dans la rue ou au parc…20 minutes à me demander si je devais appeler la police maintenant…20 minutes à me demander si Mad survivrait à une tragédie…20 minutes de panique pure mêlée à une efficacité redoutable…
Puis on l’a retrouvé…J’ai croisé son père qui me cherchait en bagnole…Fiston était revenu tranquillos à l’appart et se demandait bien se qui se passait…Son père est reparti, les voisins remerciés chaleureusement, et moi j’ai continué à ne pas être capable d’arrêter les larmes…
Là ça va un peu mieux…On a réussi à souper, Fiston reste collé à mes basques en essuyant mes larmes et en se collant. Ça va passer, mais crisse que j’ai eu peur…Et diable que ça me ramène à cette réalité que mon milieu n’est vraiment pas adapté à Fiston…Si seulement son père pouvait comprendre…
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Chère Lusciousloba,
On a tous une croix à porter.
Certaines sont plus lourdes que d’autres…
Amitiés
P.S. Le cauchemar de mon ancienne amie des blogs était l’avenir de son enfant: que deviendra-t-il quand elle ne sera plus là?
Y a-t-il des institutions pour adultes au Canada?
Mes larmes ont accompagnés les tiennes …
Cher Armand,
Ton amie des blogs et moi avons le même cauchemar…Je ne veux pas laisser cet héritage à ma fille tu sais. Oui il y a un réseau d’appartements supervisés, de familles d’accueil. Mais il y a manque de ressources malheureusement.
Les croix sont toutes lourdes à porter…Parfois on tient le coup, parfois on a besoin d’un coup de main…
@Kat: xoxo
Les colisses de nids de poule…
Pour ce qui est des barres stabilisatrices, tu parles de Link kit là right? Parce que si c’est ça, le garage te baise pas à peu près en te chargeant 1000$.
Pour ce qui est de ton gars, on s’en est parlé hier. Rien à redire à part que je pense toujours
Chère Lusciousloba,
Le principal qui manque n’est pas l’argent mais l’amour, je crois… C’est de cela que ces enfants ont le plus besoin.
Entre un peu de fric et beaucoup d’amour, le choix est vite fait… et tu le sais aussi bien que moi!
Quelqu’un de dépendant n’a autrement rien à quoi s’accrocher!
Il existe une petite poésie d’un auteur flamand (de Bruges, région de mon épouse): Guido Gezelle (Ik ben een blomme) qui l’exprime très bien.
“La fleur qui se tourne vers le soleil sans qui elle n’est rien.”
Amitiés
Oh que j’imagine pas la panique!
Contente que ça se soit bien terminé cette histoire-là…
*câlin*
Éprouvant cet vie avec un autiste, courage à toi et ta famille, un jour à la fois!
Pas toujours facile… mais l’important, c’est de garder le sourire
J’ai dévoré ton billet avec une espèce de panique dans le creux du bide à la fin, je sentais que quelque chose allait se passer… j’imagine trop bien tout ce qui a pu te passer par la tête… en plus quand on sait que c’est un enfant vulnérable, bien plus que les autres, on se donne une culpabilité encore bien pire à porter… une rogne, on se crie presque dessus d’avoir été si inconscient (de n’avoir pourtant rien fait de mal… tout arrive si vite)…
J’espère que tu as réussi à passer au delà de cette frayeur… que je comprens tout à fait…
Gros calins…
@Drew: ouaip linkit avant et arrière avec les cossins correspondants + la suspension avant au complet…D’où le $1000…
@Armand: oui l’amour, mais quand ça ne suffit plus, ou que l’amour nous étouffe, on fait quoi?
@Noisette: panique rationnelle, c’est étrange comme sensation…Mais j’suis pas à un paradoxe près!
@Miss Bebop & Yano: merci, et oui je garde le sourire sinon aussi bien arrêter ça là!
@Véro: merci…Je sais que tu peux imaginer le film qui s’est déroulé dans ma tête… Je vais mieux, mais c’est le début de quelque chose je crois…