C’est parti de “tabous” mais j’ai dérivé!

J’en ai, vous en avez, ils en ont.  Elle a parlé d’un sujet tabou et c’est venu réveiller la réflexion qui dormait peinarde sans se douter de rien…

En ethnologie, le tabou (mot d’origine polynésienne)  indique n’importe quelle interdiction  d’ordre spirituel, religieux ou même magique. Il implique la croyance, l’interdit et la “punition”. D’abord d’origine religieuse, inspirant la crainte de la punition divine, le tabou est aujourd’hui beaucoup plus étendu, ne se limitant pas aux seuls faits religieux. 

D’une culture à l’autre le tabou peut ne pas l’être finalement.  Et encore plus, un événement devenant tabou peut cesser de l’être une fois la saveur du mois changée!  Le terme a été galvaudé, perdant son essence originelle, tel tant d’expressions au fil des ans.  Évolution normale de la langue, évolution normale de la société et de la pensée collective.

Il est certain qu’en tant que nord-américaine élevée dans la tradition catholique, mes tabous sont intimement reliés à un schème de pensée inspiré des dogmes cathos.  Mais les cours de culture religieuse, de philosophie et psychologie (ah j’ai découvert Freud!) mais plus spécifiquement les cours d’anthropologie m’ont fait voir les choses autrement.  Je demeure persuadée que tout est question de perspectives, de vie collective harmonieuse et au bout du compte de choix bien personnels.

En ces temps d’accommodements raisonnables, voilà que les traditions religieuses  rejoignent les moeurs légères (!) et sont devenues taboues.  Jamais je n’aurais crû qu’un jour un sapin de Noël serait élevé au rang d’objet tabou!   Le tabou devient ce dont on ne doit pas parler puisque ça pourrait offenser certains membres de la grande communauté.  Politically correct?  Plus ça change plus c’est pareil…Mon arrière-grand-mère disait que tant que les rideaux sont fermés y’a pas de mal. 

J’avoue que j’en perds parfois mon latin (Armand vous pouvez contribuer à mon instruction!).  Tabous, politiquement correct, valeurs, morale, choix personnels, liberté individuelle…Je ne sais plus trop!  Je lisais ce billet de La Fêlée et les commentaires qu’il a suscité, où en est-on comme société?  À l’ère des YouTube et autres hauts (!) lieux de diffusion planétaires, les valeurs autrefois liées à une “conscience” sociétale sont bousculées par ce à quoi on a accès.  Oui j’avoue que dans mon jeune temps, nous étions cons aussi, mais les enjeux ne sont plus les mêmes.

En plus d’expliquer, d’éduquer, d’informer les parents doivent instruire leur progéniture en analyse médiatique!  Mode d’emploi?!  Attention Big Brother ne fait pas que vous regarder, il vous diffuse sur écran géant!  Oui, peu importe qui vous êtes, il n’y a plus vraiment d’intimité, de vie privée.  Parlez-en à Max Mosley qui s’est fait royalement baiser! (scusez le jeu de mot…)

L’accès à autant d’informations (net, télé, presse écrite) ne peut que modifier lentement mais sûrement la conscience sociétale.  La religion autrefois utilisée comme filtre, est en perte de vitesse au profit du profit justement.  Combien de fois ai-je entendu:  “on est fatigué mort, plus le temps de rien faire avec les enfants, on travaille trop mais on n’a pas le choix!”  Hé Ho!  On a toujours le choix!  Vends ta cabane à $300 000 pis achète-en une à $120000, on en reparlera de tes 60 heures semaine après!  Tu veux continuer, fine mais plains-toi pas!  Oops je m’égare… :-)

Il n’y a donc plus de filtres, tout est disponible gratos ou sur carte bancaire.  Pourquoi donc établir un âge pour la majorité, pour le consentement médical ou pour n’importe quoi en fait!  Puisque tout est là, à portée de clic, à portée de main.  Loin de moi l’idée de dire qu’on doit en revenir à une société tenue en laisse par les dogmes religieux ou par un droitisme étroit!   Mais bordel me semble qu’en étant pas si mal placé dans la chaîne de l’évolution, on devrait peut-être réagir et s’adapter?!  Éduquer, instruire, et remettre des filtres peut-être?  Adaptés à l’évolution de la société…À mon très humble avis, nous sommes tout près d’un crash monumental si on ne se réveille pas.  Et ce crash, j’ai bien peur qu’il cause un vide générationnel, un espèce de no man’s land dans lequel les gourous de tout accabit vont sauter à pieds joints pour sauver les âmes perdues. 

On ne peut pas vivre constamment dans un aquarium, la vie ce n’est pas une télé-réalité.  Chacun a droit à sa vie privée, à ses croyances, à ses valeurs, ses tabous.  J’ai pour ma part parfois l’impression de ne plus avoir de repères…J’entends des trucs et je me dis “ouin, c’est quoi le scandale?” ou je monte aux barricades pour des peccadilles.  Mes valeurs sont dictées par le respect, de moi et des autres.  Mais ma ma vision des choses a tellement évolué au fil des ans que j’en viens parfois à me demander s’il n’y a pas dichotomie entre mes valeurs, ma morale et mes choix de vie.

Ma grand-mère disait qu’il ne faut pas juger avant d’avoir marché des kilomètres dans les souliers de l’autre…Évidemment quand on regarde par une fenêtre on ne voit qu’une image pas la réalité…Il faut donc relativiser, tenter de penser à toutes les posssibilités et mettre les choses en perspectives.  Et ne jamais oublier que le changement ne provoque pas que la résistance, il provoque aussi de l’excitation! :-)

En vieillissant j’ai appris à relativiser, à tenter de comprendre plutôt (ou avant) de juger et condamner.  Ça ne fait pas de moi une femme parfaite, a contrario!  J’ai mes coups de gueule, je suis explosive et spontanée, passionnée et enflammée.  Je me trompe plus souvent qu’à mon tour, je n’ai pas toujours de filtre quand je m’exprime, je suis parfois erratique et chaotique.  Mais je m’adapte, j’évolue et je tente de transmettre tout ça du mieux que je le peux à Mad qui du haut de ses presque 14 ans me regarde l’air de dire “où tu t’en vas avec tes skis le printemps est arrivé stie!”…

Je ne m’en vais pas bien loin fille, je ne fais qu’observer et conclure que tout est dans le regard qu’on porte sur la vie…

13 Responses to “C’est parti de “tabous” mais j’ai dérivé!”

  1. Chère Lusciousloba
    Ben voyons, c’est toi qui parles du Tabou, puis demande à Armand de compléter ton instruction!
    Eh bien, c’est d’accord, mais je prends le mot complet: pas tabou, mais tabboulé!
    Etant matérialiste, je préfère nourrir mon corps que mon esprit!
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Tabboul%C3%A9
    Voilà, ça se mange et c’est à base de persil!
    Foin des imitations à base de semoule qui ont même perdu un “b” dans l’aventure et vive l’exotisme!
    Amitiés
    P.S. Je n’ai jamais mangé, ni du taboulé ni du tabboulé! ;)

  2. J’ai comme rien à rajouter sur l’analyse du “tabou” moi…

    …moi qui m’en venait te dire que je suis sur le bord de sortir ma belle, genre à la fin du mois, je me sens plutôt superficielle là avec mes préoccupations matérielles…

    ;)

  3. @Chèvre: tu m’invites-tu? ;-)

  4. ça serait cool… t’es de où??

    whilelmine@hotmail.com

  5. You’ve got mail la Chèvre! ;-)

  6. @Armand: j’adore le tabou…lé! Qu’il ait un b ou plusieurs, l’important c’est le persil!

    @vous 2: je sors du placard je suis bi…Corps ET Esprit! ;-)

  7. Tu as raison. Lorsque tu mentionnes qu’avant de juger vaut mieux savoir de quoi on parle, d’essayer de le comprendre, ça vient me chercher.

    Je suis une fille qui ne juge pas beaucoup au départ car je suis consciente qu’il y a ma paerspective des choses et la leur. J’aime bien vouloir comprendre la leur.

    Je réalise par le fait même que je n’ai pas énormément de tabou. Dans le fond tout cela est sûrement interrelié. Je me repsecte et je respecte les autres donc je ne juge pas au premier regard et les tabous ne font pas énormément parti de ma vie.

  8. Pour discuter de tabous à mon sens ça va pas mal plus large que la religion. C’est une question de valeurs personnelles, et oh boy que je suis toute seule sur mon île alors j’en discute pas en dehors de mes quatres murs. Les tabous sont un sujet tabou pour moi. Gna.

    Pis ça me donne la trouille juste de penser à nos enfants qui doivent garder la tête hors de l’eau en ayant à peine appris à nager.

  9. @La Fêlée: J’ai la trouille itou…D’avoir largué Mad là-dedans…Et que dire de Fiston, pas outillé de la même façon que tout le monde…D’où tous les questionnements…

    @cl4udie: :-D

  10. Moi j’embarque avec Armand!

    Le goût l’emporte sur les réserves tiens ;)

  11. je fais ça aussi sauter les plombs pour rien et ne pas me scandaliser pour quelque chose d’effrayant. Tout mon système de valeur est présentement en remise en question. Très intéressant ton billet

  12. « En vieillissant j’ai appris à relativiser, à tenter de comprendre plutôt (ou avant) de juger et condamner. Ça ne fait pas de moi une femme parfaite, a contrario! J’ai mes coups de gueule, je suis explosive et spontanée, passionnée et enflammée. Je me trompe plus souvent qu’à mon tour, je n’ai pas toujours de filtre quand je m’exprime, je suis parfois erratique et chaotique. Mais je m’adapte, j’évolue et je tente de transmettre tout ça du mieux que je le peux [...] »

    *regarde le nom de l’auteur du billet*
    Ha, non, c’pas moi qui a écrit ce billet la!… J’aurais juré!
    ;)

  13. @Juliette: merci! Jamais évident les remises en questions. Ça vire non seulement notre moi, mais aussi ceux qui nous entourent. Est-ce un passage obligé? Qu’est-ce qui nous emmène à drastiquemetn parfois changer le pattern…Pfft faut croire que j’ai un autre billet à écrire!

    @Claudia: étrange non? ;-)

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